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Trois cartes d’un exemple fictif : dépenses récupérables de 1 040 euros, provisions versées de 1 080 euros et trop-perçu de 40 euros à rendre.
Le solde se calcule sur une même période, après vérification des seules dépenses récupérables imputables au logement.

La réponse en une formule

Si le bail prévoit des provisions, le solde annuel correspond aux dépenses réellement récupérables, imputables au logement et à la période concernée, moins les provisions déjà versées pour cette période. Un résultat positif peut donner lieu à un complément ; un résultat négatif signifie un trop-perçu à restituer. Ce calcul suppose d’avoir vérifié les postes, la répartition et les justificatifs, pas seulement de soustraire deux totaux.

Ce guide vise un bail d’habitation du parc privé pour une résidence principale, vide ou meublée. La première vérification porte sur le mode de paiement écrit dans le bail. Un forfait et une provision ne suivent pas le même traitement ; le logement social et certains régimes particuliers demandent une lecture distincte.

Voir les règles des charges locatives sur Service-Public

Provisions ou forfait : quel bail peut être régularisé ?

En location vide ordinaire, les charges sont payées par provisions et régularisées annuellement. En meublé de résidence principale, le bail peut prévoir des provisions ou un forfait. Un forfait ne permet pas de demander un complément après comparaison avec les factures ; il ne donne pas non plus lieu à une régularisation en faveur du locataire selon ce mécanisme. La colocation, y compris vide, peut également prévoir un forfait. Le bail mobilité relève du forfait.

Le mot « charges » sur une quittance ne suffit donc pas à choisir la méthode : il faut lire la clause du bail. Un forfait ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges pertinentes ; sa révision éventuelle, dans les conditions prévues par la loi, est distincte de la régularisation des dépenses réelles.

Identifier le mode de paiement avant tout calcul
Bail et mode prévuRégularisation annuelle ?Premier contrôle
Location vide hors colocation : provisionsRégularisation annuelle ? : Oui, sur dépenses récupérables justifiées.Premier contrôle : Comparer la période et les provisions versées.
Meublé : provisionsRégularisation annuelle ? : Oui, selon les règles des provisions.Premier contrôle : Lire la clause et vérifier les justificatifs.
Meublé ou colocation : forfaitRégularisation annuelle ? : Non, pas de complément ni de régularisation ultérieure.Premier contrôle : Vérifier que le bail prévoit réellement un forfait.
Bail mobilité : forfaitRégularisation annuelle ? : Non, le paiement des charges se fait au forfait.Premier contrôle : Ne pas appliquer la méthode des provisions.
Lire l’article 25-10 sur le forfait du meublé

Retenir les seules dépenses récupérables

Le décret du 26 août 1987 fixe la liste des charges récupérables dans le parc privé. On y trouve, selon l’équipement du logement, certaines dépenses d’eau, de chauffage collectif, d’ascenseur ou d’entretien courant des parties communes, ainsi que la taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères. La dépense doit être réelle, justifiée et attribuée au bon logement et à la bonne période.

En copropriété, un appel de fonds ou le total du décompte du syndic ne devient pas intégralement une charge du locataire. Il faut distinguer la part récupérable des frais qui restent au propriétaire, puis appliquer la clé de répartition pertinente. Les gros travaux et les honoraires de syndic, par exemple, ne figurent pas dans la liste des charges récupérables.

La taxe foncière entière n’est pas une charge récupérable : seule la taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères entre dans la liste, lorsqu’elle existe et pour la part imputable au logement. Conserver l’avis et isoler la ligne concernée évite de confondre les deux.

Contrôler la liste du décret n° 87-713 sur Légifrance

Exemple chiffré : 40 € de trop-perçu à restituer

Exemple entièrement fictif : un même locataire occupe le logement du 1er janvier au 31 décembre. Son bail prévoit 90 € de provisions par mois, toutes versées, soit 1 080 € pour l’année. Les montants ci-dessous sont déjà limités à la part récupérable du logement après vérification des pièces et de la répartition. Ils ne représentent ni les charges totales de l’immeuble ni une grille applicable à d’autres logements.

Dans le sens inverse, si les dépenses récupérables justifiées dépassent les provisions de 40 €, ce montant constitue un complément à expliquer au locataire. Une provision non payée relève du suivi des paiements ; ne la masquer ni dans le calcul ni dans la quittance.

Même période de douze mois : dépenses imputables et provisions réglées
Poste de l’exempleMontantPièce ou vérification
Eau froideMontant : 420 €Pièce ou vérification : Facture et répartition du logement.
Entretien courant des parties communesMontant : 380 €Pièce ou vérification : Décompte et part récupérable.
Enlèvement des ordures ménagèresMontant : 240 €Pièce ou vérification : Ligne de taxe ou redevance imputable au logement.
Total des dépenses récupérablesMontant : 1 040 €Pièce ou vérification : Somme des trois postes précédents.
Provisions versées : 90 € × 12Montant : 1 080 €Pièce ou vérification : Paiements pour la même période.
Solde : 1 040 € − 1 080 €Montant : − 40 €Pièce ou vérification : Trop-perçu à restituer au locataire.
Distinguer les charges réglées sur une quittance

Décompte et justificatifs : quand les communiquer ?

Au moins un mois avant la régularisation annuelle, le bailleur communique un décompte des charges par nature et, dans un immeuble collectif, le mode de répartition entre logements. Si le chauffage ou l’eau chaude collectifs le nécessitent, une note sur leur calcul s’ajoute. Sur demande, il transmet aussi le récapitulatif des charges du logement par courrier ou par email.

Pendant les six mois suivant l’envoi du décompte, l’ensemble des pièces justificatives doit rester à la disposition du locataire. La loi ne dit pas que toutes les factures doivent être jointes automatiquement au premier courrier. Le décompte reste toutefois compréhensible et vérifiable, et les pièces doivent pouvoir être consultées.

Pour un dossier de suivi, ranger ensemble le bail, la période, le décompte du syndic ou les factures, la clé de répartition, les provisions prises en compte, le calcul du solde et la date d’envoi. Un tableau sans pièces ni méthode de répartition ne suffit pas à expliquer la somme réclamée.

Vérifier les délais et le décompte à l’article 23

Départ du locataire ou régularisation tardive

Après un départ, la période d’occupation et les provisions correspondantes doivent être isolées. Le décompte annuel de copropriété peut être arrêté plus tard : distinguer ce solde des retenues éventuelles sur le dépôt de garantie. Dans un immeuble collectif, une provision sur ce dépôt obéit à des conditions et à une limite propres ; elle ne remplace pas le calcul réel des charges.

Une demande tardive de charges n’est pas automatiquement sans effet. Les actions liées au bail se prescrivent en principe par trois ans à compter du jour où la personne a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d’agir ; le point de départ exact dépend du dossier. Un rappel brutal et déloyal peut être contesté. Si la régularisation n’a pas été faite avant la fin de l’année civile qui suit l’année d’exigibilité, le locataire peut demander un paiement par douzièmes du rappel.

Ces situations demandent un examen particulier des dates, des paiements et des pièces. Une estimation ne suffit pas à fixer le solde définitif des charges. Dans un immeuble collectif, le bailleur peut toutefois conserver sur le dépôt une provision dûment justifiée, limitée à 20 % de son montant, jusqu’à l’arrêté annuel des comptes ; la régularisation définitive et la restitution du solde interviennent dans le mois suivant leur approbation définitive.

Comprendre le traitement distinct du dépôt de garantie

Ce que permet le pilote keelys® aujourd’hui

Le pilote gratuit, ouvert sous conditions pour un logement meublé en résidence principale, permet de préparer un projet de bail à signer sur papier et de générer une quittance après déclaration du paiement intégral, avec un bail signé importé et une location active. Il ne calcule pas la régularisation des charges, ne vérifie pas les factures et n’envoie pas de décompte au locataire. Le bailleur reste responsable du calcul et de la transmission.

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Questions fréquentes

Les réponses en bref

Peut-on régulariser un forfait de charges en meublé ?

Non. Lorsque le bail meublé prévoit un forfait, il ne peut donner lieu à un complément ni à une régularisation ultérieure. Une révision éventuelle du forfait suit des conditions distinctes prévues à l’article 25-10.

Que faire si les provisions dépassent les dépenses récupérables ?

Le bailleur restitue le trop-perçu. Dans notre exemple fictif, 1 080 € versés moins 1 040 € de dépenses récupérables imputables au logement donnent 40 € à rendre.

Faut-il envoyer toutes les factures avec le décompte ?

L’article 23 prévoit le décompte par nature et le mode de répartition un mois avant la régularisation, puis la mise à disposition de l’ensemble des justificatifs pendant six mois après l’envoi du décompte. Le récapitulatif du logement est transmis sur demande.

Une régularisation reste-t-elle possible après le départ du locataire ?

Elle peut l’être si les dépenses sont récupérables, justifiées, rattachées à la bonne période et si l’action n’est pas prescrite. Le dépôt de garantie suit des règles propres ; un forfait, lui, ne se régularise pas après le départ.

Pour vérifier

Sources officielles

Liens vers les textes et fiches consultés. Ces organismes sont indépendants de keelys®.